Le Spiritisme, si méconnu dans son pays d'origine. 

 

Voici une petite analyse de la popularité de la doctrine à l’étranger, notamment au Brésil malgré que le spiritisme soit ignoré en France, son berceau.

Kardec nous quitta en 1869.

 

En 1870, la guerre Franco-Prussienne avait ravagé une partie du territoire français. L’Alsace-Lorraine avait été cédée à la nouvelle nation créée sous l’influence de Bismarck : l’Allemagne.

 

Le Second Empire de Napoléon III s’était écroulé et la Troisième République est née, ramenant les idéaux de la Révolution Française, jusqu’à sa défaite face au régime Nazi.

 

Entre-temps, Pierre-Gaëtan Leymarie reprit la Revue Spirite avec l’autorisation de la veuve de Kardec. Il est clair que la manière dont il a dirigé La Revue n’a pas aidé à maintenir sa crédibilité, alors qu’elle était supposée être le contact entre la doctrine et le peuple. La Revue est alors passée par une période d’ostracisme, avec plusieurs interruptions et changements d’axes stratégiques. Le détenteur de ses droits commençait à publier non seulement du Spiritisme mais également de la parapsychologie et des disciplines assimilées.

 

Au même moment, alors que plusieurs cas de mediums et de phénomènes frauduleux furent dévoilés au public, le Spiritisme, ayant désormais un pauvre canal de communication (La Revue Spirite), a été mis dans la même catégorie dont faisaient partie tous les charlatans et mediums professionnels, ainsi que les magiciens et illusionnistes. La Doctrine Spirite était alors vue comme une mode et un amusement dépassé, parmi ceux qui n’avaient pas suffisamment lu sur le sujet. Mais aussi vint une autre préoccupation hormis la vie après la mort : la guerre.

 

Quelques années après, les jeunes Gabriel Delanne et Léon Denis, à toute évidence, reprirent le flambeau, approfondissant la doctrine et laissant de précieux écrits et travaux pratiques qui sont des documents d’études incontournables pour ceux qui veulent étudier sérieusement le Spiritisme.

 

Après la défaite de la guerre Franco-Prussienne, l’état d’Esprit des Français était à la reprise de l’Alsace-Lorraine et de prendre une revanche de l’honteuse défaite de Napoléon III. Ce qui encourageait encore plus les idéaux républicains. Parmi ces idéaux existait la séparation complète de l’Eglise et de l’Etat, concept toujours très vif en France, fort heureusement !

 

La Grande Guerre s’est déclenchée (Première Guerre Mondiale) : 9 millions de morts. Il a été dit que 20 % du territoire français a été ravagé. Une génération a pratiquement perdu la moitié des hommes en âge de se marier. Plus 20 millions de morts, victimes de la grippe espagnole.

 

Le Spiritisme était toujours vivant, bien que très faible durant la grande guerre, mais il n’a pas résisté à la Seconde Guerre Mondiale. Pendant l’Occupation Nazi et le Régime de Vichy, tous les centres Spirites ont été fermés en France. Les associations spirites ont été mises à sac. La publication de La Revue Spirite a été interrompue.

 

Une fois la guerre terminée, le pays devait se reconstruire de ses cendres et, en même temps, éviter de refaire la même erreur : une paix durable devait être construite avec les voisins, un sentiment de non revanche et de vraie fraternité devaient être mis en place avec l’Allemagne.

 

A cette époque, il n’y avait pratiquement plus de Spiritisme en France. La plus grande préoccupation était de reconstruire et de survivre. La spiritualité était en bas de la liste des priorités.

 

La Revue recommença à être publiée en 1947. Quelques centres rouvraient ces portes, essentiellement par des petits groupes privés, organisant des réunions dans les maisons des adhérents.

 

Ensuite se suivirent la reconstruction, quelques guerres coloniales, la guerre froide, la libération sexuelle, l’activisme, des mouvements sociaux, d’importantes conquêtes scientifiques etc. …

 

En 1977, La Revue fut absorbée par une autre publication appelée “Renaitre 2000”, qui n’avait que peu à voir avec la Doctrine Spirite.

 

Ce fut seulement en 1989 que Roger Perez (le fondateur de notre Centre à Lyon) et Louis Serré, sous le nom de l’Union Spirite Française et Francophone, gagnèrent un procès contre les propriétaires de la Revue Spirite et qu’en 2007 tous ses droits furent alors cédés au Conseil Spirite International. La Revue Spirite n’appartenait plus à un homme, mais à l’ensemble du Mouvement Spirite, représentant alors la Doctrine Spirite, de retour à ses origines.

 

Ceci a coïncidé avec une timide réapparition du Spiritisme en France, bien que pour presque tous les Français, Allan Kardec reste toujours un inconnu.

 

Depuis la première édition du Livre des Esprits jusqu’à nos jours, la doctrine a évolué avec une contribution majeure du mouvement Brésilien, notamment depuis le début du vingtième siècle. Les Brésiliens adoptent les origines françaises du Spiritisme et ses auteurs. La pratique spirite connait une évolution du au grande nombre des personnes qui fréquentent les centres. Aujourd’hui, les livres Brésiliens sont, de plus en plus, traduits en langue française et sont très populaires dans les centres de notre pays, en harmonie avec les indispensables œuvres des auteurs gaulois. Cette coherence en multinationale nous montre l'universalité des postulats spirites. 

 

L’Association Internationale des Médecins Spiritistes et l’Association Française des Médecins Spirites, sont présentes et actives en France et ailleurs. Celles-ci participent pratiquement à tous les congrès spirites du pays dont les membres nous font part des ses dernières recherches scientifiques.

 

L’esprit cartésien des Français ne peut être considéré comme un risque, mais plutôt comme un facteur qui augmentera la crédibilité du Mouvement Spirite, la Doctrine se basant essentiellement sur la raison et le bon sens.

 

Contrairement à une partie du Mouvement Spirites Brésilien, le Français (et celui de nombreux autres pays) ne met pas l’accent sur les aspects religieux, sans pour autant les négliger.

 

Bien que chacun soit libre de faire ce qu’il veut avec ses idées, les spirites Français suivent ce que Kardec écrivit un jour dans la Revue Spirite de 1868, page 359 :

“Le Spiritisme, n'ayant aucun des caractères d'une religion, dans l'acception usuelle du mot, ne pouvait, ni ne devait se parer d'un titre sur la valeur duquel on se serait inévitablement mépris ; voilà pourquoi il se dit simplement : doctrine philosophique et morale.”

 

La Doctrine est définie avec trois visages, trois lignes de recherches : religieuse, philosophique et scientifique.

 

Les religions ont généralement leurs idiosyncrasies, et un certain exclusivisme vis à vis des autres croyances. Le Spiritisme comme doctrine de liberté et de conscience, ne doit pas en avoir vis-à-vis des différences.

 

Certaines communications médiumniques considèrent que lorsque le Brésil avait été choisi pour recevoir le flambeau du Spiritisme pendant la période des conflits en Europe, de nombreux Esprits Français qui avaient besoin d’apaiser leurs lourdes consciences et d’évoluer en tant que meilleurs êtres humains, s’étaient réincarnés là-bas pour recommencer. De plus, de nombreux spirites Français sont nés au Brésil pour se consacrer à la doctrine. Certains disent qu’une portion de ses Esprits retournent où ils considèrent être leur maison, et désirent travailler sur la doctrine avec des Français. Seul le temps dira si cela n’est qu’une belle histoire.

 

Il est compris par la grande majorité des spirites que le monde a besoin d’un Dieu qui nous unis tous, pas d’une religion supplémentaire parmi tant d’autres, qui nous séparerait encore plus que nous le sommes déjà.

 

Ainsi soit-il.

Mention legale : Centre d'études spirites et psychologiques Thérèse d'Avila, association loi 1901, siège à Décines tdavilacesp@gmail.com